En Oct 2010, à l’invitation du 1er myosotis libre historique, j’entrai dans la salle humide de la RL « la T... d’O... » à l’O :. de B... ; c’était la
1ère fois que je pénétrais dans une L Libre après ma démission de l'ex-gfnl; Tout de suite avant que je ne sois happé par l’extraordinaire, la très chaleureuse Fraternité de cette L,
Je remarquai un écrit placé haut, au fronton, face à l’entrée :
le ton est donné…Avant de poursuivre, petit coup d’œil dans les différents dictionnaires à notre disposition : La liberté est la faculté d'agir selon sa volonté en fonction des moyens dont on dispose sans être entravé par le pouvoir d'autrui. Elle est la capacité de se déterminer soi-même à des choix contingents. Elle est définie, et est perçue différemment selon la psychologie du sujet :
- négativement : absence de soumission, de servitude, de contrainte.
- positivement : autonomie et spontanéité du sujet rationnel ; les comportements humains volontaires se fondent sur la liberté et sont qualifiés de libres.
Cette notion est à la fois conçue comme une valeur abstraite et normative de l'action humaine et comme une réalité concrète et vécue[?]. Il existe ainsi de nombreuses confusions possibles à propos du terme de liberté. S’Il faut donc prendre soin de distinguer les différents sens de ce mot, nous n’aurons pas ici et maintenant, vocation de disserter de la sémantique du terme, d’autres Sœurs & Frères s’y sont déjà essayés avec bonheur…
- En résumé nous retiendrons la définition primaire : absence de soumission, de servitude, de contrainte.
[La
Liberté guidant le peuple par
Eugène Delacroix (1830) (Musée
du Louvre,
Paris)]
Obédience : Obéissance, soumission à une autorité supérieure. (Robert) & L’internaute, relation de dépendance entre une autorité, un mouvement, une idéologie et les personnes qui y sont attachées - soumission d'une communauté à une autre - [antonyme] insubordination, désobéissance, commandement, insoumission, indocilité, dissipation (wikipedia).
Des Loges, Obédiences et Rites maçonniques : Les loges maçonniques existaient bien avant les obédiences. Elles seules disposent du pouvoir d'initier de nouveaux membres. Chaque loge est libre du choix de son « Vénérable », des sujets que ses membres souhaitent étudier, ainsi que des éventuelles actions extérieures, caritatives ou sociétales, qu'elle souhaite mener.
Elles ont pris l’habitude de se regrouper en « obédiences maçonniques », « grandes loges » ou, « grands orients ». Pourquoi ? En se fédérant ainsi, les loges regroupent leurs forces, pensent-elles, notamment en ce qui concerne les questions matérielles (financement et gestion de leurs locaux), rituelles (harmonisation des cérémonies) et d'inter-visite (les membres d'une loge peuvent habituellement fréquenter en visiteurs toutes les autres loges d'une même fédération). Il arrive aussi — surtout en France - que certaines obédiences maçonniques agissent ou s'expriment publiquement au nom de l'ensemble des loges qui les composent.
Là aussi, [et surtout] nous n’aurons pas non plus vocation ici et maintenant, de disserter sur la sémantique du terme.
Par contre, ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est l’observation de l’opposition flagrante, primaire même, entre les deux concepts :
- L’un, la Liberté en tant qu’ absence de soumission,
- l’autre l’obédience, qui s’appuie sur l’obéissance, et même la soumission.
Or si le terme d’obéissance peut nous paraître acceptable, dans la mesure ou le franc-maçon est libre d’accepter (ou non) l’obéissance, la terminologie de soumission, elle, suscite pour le moins, interpellation. Souvenons nous d’abord, qu’aux tous débuts de l’histoire le la FM moderne (spéculative) 1717-1723, ne pouvaient être fm que des individus libres (encore) plus clairement, n’étant pas dépendants de quelque hiérarchie susceptible de peser sur leur liberté économique de vivre, et d’exister en tant qu’individu. Ne pouvaient être fm les employés, salariés d’une quelconque entité ; pouvaient être fm, des nobles, des propriétaires, des commerçants, des artisans, des soldats, (officiers et sous officiers :vous n’aurez pas manqué de noter le paradoxe). Et donc, 1er constat : l’inadéquation, l’opposition frontale même, évidentes, entre la soumission à l’obédience, et la Liberté d’état des membres des Loges. Aujourd’hui c’est bien sûr d’une liberté en tant que « non-dépendance » (nous dirions aujourd’hui « non-addiction » - On notera encore que nous connaissons là aussi des fm qui sont « accros » de franc-maçonnerie, et dont c’est l’activité principale voire unique ; même si rien, dans les textes ne s’y oppose). Alors posons la question : comment conjuguer FM, & Franc-Maçonnerie obédientielle ? Cette opposition est-elle de pur principe, ou viable dans l’état ? Au rite York (seul rite écrit en Ecosse et dont il ne se réclame pas), comme en Maçonnerie de Marque, il est clairement dit, lors de l’installation du vénérable en chaire, je cite : « Mes FF, telle est la nature de notre Constitution que, si certains doivent nécessairement diriger et enseigner, d’autres bien sûr, doivent apprendre, se soumettre et obéir » On relève l’articulation entre diriger et enseigner, qui signifiera que connaissance et compétence légitimeront l’autorité alors librement acceptée du vénérable, face, encore, à obéissance certes, mais soumission encore. Soumission d’autant plus illégitime, que sont aujourd’hui aux manettes, des supposés maçons, qui n’ont suivi – ou rien retenu - aucune instruction symbolique, et n’ont donc plus la légitimité que confèrent connaissance & compétence. Mais il s’agit là d’une particularité propre à notre époque. Si nous revenions aux temps où la règle non-écrite voulait que les « Vénérables » soient les meilleurs d’entre nous, cette supposée soumission ne serait vécue au quotidien, que comme une survivance folklorique et traditionnelle au mieux, au pire une obsolescence sur laquelle une fausse pudeur bien-pensante voudra qu’on ne s’appesantisse point. Mes B.C.SS :. & FF :., nous n’aurons pas d’autre conclusion à ce débat que celle que chacune et chacun d’entre nous aura choisi librement de vivre, dans le seul but que nous dicte notre conscience : tailler la pierre de notre édifice intérieur en vivant avec bonheur notre Maçonnerie, ou la subir, et dans ce cas, s’en écarter pour la vivre autrement et ailleurs, avec foi et plaisir, en toute LIBERTE.
Merci à notre Frère perce-Neige d'avoir répondu favorablement à notre proposition d'échanger à propos de la Liberté des Loges & des Frères



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